Le rêve du scaphandre
Texte sur l’association philanthropique
de collectionneurs Culturfoundry
Frédéric Lorin - le fondateur de l’association CulturFoundry
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Aujourd’hui, nos vies semblent s’être remises sur les rails. Nous avions tellement soif d’une vraie vie que tous les confinements dus au Covid, qui nous ont privés du rythme de la vie pendant près de deux ans, sont déjà presque oubliés. Il est vrai que la vie virtuelle (lorsque nous étions enfermés chez nous, nous avions des possibilités très limitées de sortir et encore moins de rencontrer d’autres personnes) nous a privé de beaucoup de choses, mais pas seulement, car, pour nombre de personnes, cette période a été importante sur le chemin de la découverte de soi et la génération de nouvelles idées.
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Le temps de la pandémie a été pour certains d’entre nous particulièrement créatif et productif. Après la période d’isolement due au coronavirus, de nombreux artistes du monde entier ont compris que les inconvénients du confinement pouvaient aussi avoir des avantages, et ils ont transformé les problèmes en opportunités. Ils ont compris qu’ils pouvaient encore être actifs dans ce monde artistique verrouillé, en persévérant dans leurs efforts pour créer et améliorer leurs sites personnels et leurs profils sociaux. Et pas seulement les artistes. Le monde des affaires non plus ne s’est pas endormi. Pendant la pandémie, plusieurs initiatives de soutien aux artistes ont été réalisées dans le monde entier. L’une d’entre elles est Culturfoundry, une organisation réunissant des collectionneurs d’art parisiens.
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Culturfoundry est une association philanthropique de collectionneurs qui promeut et soutient la scène de l’art contemporain. Elle a été fondée en 2020 par le collectionneur et juriste financier Frédéric Lorin qui est un mécène aidant divers artistes et associations de soutien à l’art contemporain. Il est également un membre actif de l’association franco-britannique Fluxus Art Projects, dont le but est la promotion d’artistes français auprès des institutions britanniques et vice versa.
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« J’ai créé CulturFoundry il y a deux ans pendant le confinement pour réunir collectionneurs et mécènes dans un but commun. J’ai souhaité aider les artistes que nous soutenons en leur donnant la possibilité d’améliorer leur visibilité grâce à des expositions, les mettre en scène avec le regard d’un collectionneur. Avec le commissaire d’exposition désigné, nous l’accompagnons dans la sélection des artistes, des œuvres exposées. CulturFoundry est une association philanthropique qui conçoit et finance intégralement des expositions. Les œuvres exposées sont à vendre et la quasi-intégralité des ventes vont à l’artiste. Nous ne touchons aucune commission et les membres de CulturFoundry sont des bénévoles. Tout au long de l’année, j’organise également pour les membres de CulturFoundry des visites d’atelier ou monte des événements artistiques afin de découvrir de nouveaux talents. Je vois un sens à cette activité, donc cela me donne beaucoup de satisfaction à la fois en tant que personne et en tant que collectionneur. Ainsi, tout le monde est gagnant de cette activité : les artistes obtiennent visibilité et réussite financière, et les membres de l’association, des mécènes passionnés d’art, nourrissent leur passion pour l’art. », a déclaré le fondateur de l’association Frédéric Lorin.
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Pourquoi est-ce que j’écris notamment sur cette organisation relativement jeune ? Parce que, selon moi, son modèle de fonctionnement mérite notre attention. CulturFoundry ne distribue pas d’aide financière aux artistes juste « pour rien ». À mon avis, cela a été une grave erreur commise lors de la pandémie de coronavirus par les institutions publiques et les organisations privées du monde entier de distribuer des aides financières sans condition. Cela a endormi la société et sa créativité et accru les demandes pour toujours plus d’allocations.
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CulturFoundry, au contraire, demande aux artistes de faire beaucoup d’efforts pour être dans le viseur de ce groupe de collectionneurs. Tout au long de l’année, Culturfoundry organise des visites dans les ateliers d’artistes (ne disposant pas de galeries les représentant) et les invite à présenter leur travail. Bien sûr, lors des visites, les membres de l’association ont la possibilité d’acquérir les œuvres de l’artiste et de le soutenir ainsi financièrement. Toutefois, le principal objectif de l’association est d’organiser une fois par an une exposition d’art de grande ampleur (chaque année, l’association loue un immense espace pour l’exposition, sélectionne un commissaire invité, convie des collectionneurs d’art et des commissaires, organise des foires de contacts, etc.), où les artistes peuvent être largement présentés et plus visibles. Et c’est l’un des moments les plus importants pour un artiste : être visible.
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Le 11 octobre, Culturfoundry a organisé et financé l’exposition annuelle d’art contemporain « Le rêve du scaphandre ». Elle a invité comme commissaire de cette exposition la jeune Elora Weill-Engerer, actuellement très active sur la scène artistique contemporaine parisienne, qui a réuni 15 artistes multimédias : César Bardoux, Lucile Boiron, Esmeralda Da Costa, Marion Flament, Nicolas Floc’h, Alice Gauthier, Quentin Germain, Jérémy Gobé, Elsa Guillaume, Charlotte Heninger, Chloé Jeanne, Ange Leccia, Denis Macrez, Sandra Matamoros, Marguerite Piard.
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L’interview originale a été publiée dans le magazine lituanien « Literatūra ir menas »
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Merci.
Photo: Cultur Foundry
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