
Trace d’un noir
Devant Matière noire, je ressens un amour profond pour le noir. Le noir non pas comme absence, mais comme concentration ultime, comme lieu de mémoire et de vertige. Le travail de Martin Désilets m’émeut par sa rigueur silencieuse et par l’humilité avec laquelle il embrasse l’immensité de l’histoire de l’art pour mieux la dissoudre. Chaque état de l’œuvre est une respiration lente, une invitation à ralentir, à regarder autrement, à accepter que la beauté puisse frôler l’effacement. J’admire profondément cette démarche patiente, presque méditative, qui transforme la saturation des images en une matière dense, sensible et infiniment poétique. Matière noire n’est pas seulement une exposition : c’est une expérience du temps, du regard et de la finitude, portée avec une justesse et une profondeur rares.




