Rhizomes et Lumières : Le Voyage Artistique de Régis Sénèque
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2008 / Double portrait
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Dans le silence fécond des matières et des formes, Régis Sénèque trace un chemin qui échappe à la linéarité. Tel un rhizome — concept cher à Deleuze et Guattari — son œuvre se déploie sans hiérarchie, sans début ni fin, dans une prolifération d’échos, de liens et de ruptures. Ce voyage artistique est autant une cartographie intérieure qu’un dialogue avec le monde, une traversée sensorielle où la lumière devient langage, mémoire et révélation. Sénèque explore les entrelacs du visible et de l’invisible, mêlant matériaux organiques et technologies modernes, peinture et installation, vidéo et sculpture. Sa démarche s’inscrit dans une quête de résonance entre l’être et l’espace, entre l’ombre et la clarté. Les « rhizomes » de son travail évoquent des réseaux souterrains de pensée, de nature, de culture, tandis que les « lumières » — tant physiques que métaphoriques — percent l’obscur pour proposer une forme d’élévation poétique.
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Artiste pluridisciplinaire, il inscrit sa pratique dans une traversée à la fois intime et politique, où l’histoire familiale se mêle à l’histoire collective, et où la matière — charbon, or, image d’archive, performance — devient langage. Dans cette conversation, il revient sur le tournant profond qu’a constitué son projet L’Or des Fous, accompagné d’un poème de Matthieu Gounelle, astrophysicien et professeur au Muséum national d’Histoire naturelle de Paris, sur le long processus d’évolution de sa démarche, et sur la manière dont il tisse aujourd’hui une œuvre-rhizome, sensible aux échos du monde, des blessures, et des espérances partagées.
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À travers ses œuvres, ses actions urbaines et ses gestes artistiques, Régis Sénèque nous invite à ralentir, à ressentir, à regarder autrement. Il ne s’agit pas seulement de contempler : il s’agit de s’ouvrir à une vibration humaine, d’accueillir les silences comme les fractures, de réapprendre à faire lien. Que ce soit dans une galerie, dans la rue ou dans le fil invisible qui relie les époques, son travail cherche moins à imposer qu’à éveiller. Et peut-être est-ce là, dans cette volonté de transmission humble et lumineuse, que réside toute la puissance de son engagement artistique.
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Régis, peux-tu nous parler de ton parcours artistique et des grandes étapes – humaines, esthétiques ou existentielles – qui ont façonné ton travail jusqu’à aujourd’hui ?
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Mon parcours artistique s’est construit au fil d’expériences, d’expérimentations et de rencontres qui, aujourd’hui, prennent tout leur sens. J’ai traversé plusieurs “vies” artistiques, chacune m’ayant permis de me façonner pas à pas. Depuis 2021, je mesure à quel point ces étapes résonnent désormais dans mon travail.
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Tout a commencé par une décennie consacrée à la peinture, entre les années 90 et le début des années 2000. Cette période, dont les œuvres ont aujourd’hui disparu, ressurgit de manière inattendue dans certains de mes dessins récents. À cette époque, j’ai eu la chance de croiser Corine et Damien Morel d’Arleux, fondateurs de la galerie Distilled art à Paris. Ce fut un moment clé, où j’ai pu confronter mon travail à un public de galeries.
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Au début des années 2000, ressentant une impasse avec la peinture, j’ai exploré d’autres médiums : dessin, matières synthétiques, photocopies, polaroids, photographie numérique. Ce fut un temps de recherche abordé avec grande liberté. C’est aussi à ce moment que j’ai rencontré Christine Phal, avec qui j’ai collaboré un temps, approfondissant ainsi mon travail plastique, qui s’orientait progressivement vers la photographie.
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En 2007, la photographie a pris le dessus. Pour subvenir à mes besoins, j’étais devenu modèle vivant dans divers ateliers parisiens, une expérience qui a nourri un travail photographique conceptuel, où je me mettais fréquemment en scène, et qui allait par la suite m’ouvrir la porte vers l’acte de performance. Ce travail photographique avait été exposé en 2009 à Châteauneuf-sur-Loire (La Borne, P.O.C.T.B.), puis en 2010 à la galerie du Haut-Pavé à Paris dans l’exposition “mon intérieur, cet espace commun”. En 2011, une invitation au festival de sculpture contemporaine “Escaut, Rives, Dérives” m’a permis d’expérimenter pour la première fois la performance, notamment avec “Matière à toucher” à la galerie L’H du Siège à Valenciennes. Une première expérience marquante. Performance réactivée en 2012 à la galerie Scrawitch à Paris et en 2014 à la Scène Nationale d’Orléans (P.O.C.T.B.).
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2007 / sans titre / Exposition L’eau et les rêves
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C’est une période où j’ai commencé tout doucement à intervenir dans le l’urbain, par des dessins de fragments de murs réalisés à la craie sur le sol, puis en réalisant des fresques sur vitrines. Des interventions qui invitaient les passants à interagir. Mon dernier dessin de cette période date du 7 janvier 2015, peu avant l’attentat contre Charlie Hebdo.
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Entre 2016 et 2020, période où j’ai mis mon travail personnel en “demi-sommeil” s’est révélée être très importante aujourd’hui. C’est en autre à ce moment que j’ai découvert le potentiel plastique et symbolique de la couleur dorée, sans imaginer qu’elle prendrait une telle importance dans mon travail ultérieur.
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En 2021, un bouleversement personnel et professionnel a réactivé mon parcours artistique, la redécouverte de mon histoire familiale liée au colonialisme en Indochine. Ce réveil s’est alors concrétisé par la série de dessins nommée “Fantômes”, qui a été exposée en 2022 sous le titre “Passé vivant”, à l’Atelier Martel situé rue d’Annam à Paris. Suite à cela, en 2023, j’ai eu la joie d’être accueilli au sein de la galerie Marguerite Milin et d’y présenter l’exposition “Pour tout l’or du monde”, marquant une nouvelle étape importante.
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Début 2025, deux événements majeurs ont suivi : ma dernière exposition “L’or des fous” à la galerie Marguerite Milin, et l’exposition de “Le temps d’un déplacement pour révéler du réel” au Mac Val, une œuvre de 2014, désormais exposée dans le cadre de l’exposition “Le genre idéal”, présentant la collection 2025-2026 du musée.
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Ton travail intègre diverses techniques telles que le dessin, la fresque, la photographie et la performance. Comment ces différentes disciplines s’articulent-elles dans ton processus créatif ?
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Comme je l’ai évoqué précédemment, avant je travaillais ces différentes techniques de façon plus ou moins dissociée, au fil des années et de mes diverses étapes créatives. Aujourd’hui, bien que le dessin reste très présent par rapport aux autres supports, je ne ressens aucune hiérarchie entre eux ni besoin de les travailler séparément, bien au contraire. Depuis 2020-2021, je fonctionne beaucoup plus à l’intuition, comme jamais auparavant, avec une grande liberté. Ce n’est pas la discipline en soi qui m’intéresse, mais plutôt ce qu’elle peut apporter, mettre en lumière, et comment elle peut traduire ma pensée en images.
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La réalisation d’un dessin à l’atelier, par exemple, peut à tout moment éveiller en moi l’envie d’aller travailler dans la rue pour créer un dessin éphémère – au pastel gras doré –, performatif par l’acte, qui aura une interaction directe avec le public, comme celui effectué au métro Temple en 2021. Et c’est à travers la photographie que cette action continue d’exister.
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Dernièrement, mon exposition “L’or des fous” à la galerie Marguerite Milin, pensée avec l’accompagnement curatorial de Marie Deparis-Yafil, a été une fabuleuse occasion de rendre hommage au poème que Matthieu Gounelle m’avait écrit en 2022, lors de ma résidence aux Chambres à Aubervilliers. Ce poème faisait écho à des créations réalisées pendant ma résidence, mais aujourd’hui, compte tenu de l’évolution de mon travail, il résonne de façon bien plus pertinente.
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De ce poème, qui faisait le titre de mon exposition, j’ai voulu qu’il soit plastiquement au cœur même de celle-ci. Pour cela, encouragé par Marie, je l’ai manuscrit en grand format à l’encre dorée sur papier noir, une pièce unique qui se devait d’être à la hauteur des mots de Matthieu. Parallèlement, son poème m’a amené à imaginer, pour la première fois, une œuvre vidéo. Celle-ci met en image une autre œuvre – A valeur variable, 2021-2025 – présente dans l’exposition, et en son, ma voix pour la lecture du poème.
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2011 / performance Matiere a toucher / H du Siège Valencinnes / crédit: Marlène Perronet
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Mon intention ne se limite pas à la simple monstration au sein des quatre murs de la galerie, elle dépasse ce cadre. J’espère d’ailleurs, dans un futur proche, pouvoir diffuser cette vidéo sur internet, afin que chacun puisse la découvrir et entendre le poème de Matthieu Gounelle, qui résonne tant avec cette folie du monde dans lequel nous vivons aujourd’hui. Pour cela, je réactiverai dans l’urbain ma boîte portative A valeur variable, 2021-2025, dans laquelle se trouve un morceau de charbon d’anthracite doré à la feuille d’or, et distribuerai de petits flyers avec un QR code invitant ceux qui le souhaitent à découvrir le poème L’or des fous.
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Dans l’ensemble de mon travail actuel, il y a un fil, un lien visible ou non, qui relie l’ensemble. On peut le voir comme une mise en forme d’une pensée-rhizome, une arborescence.
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2021 / Vestige / dessin éphémère / Métro Temple
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Ton parcours artistique explore les liens entre la grande Histoire et les petites histoires individuelles. Comment cette thématique s’est-elle développée, et quel message souhaites-tu transmettre à travers tes œuvres ?
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J’ai commencé à développer cette thématique en 2021, plus précisément avec le premier dessin de la série des Fantômes. En entamant ce travail, réalisé principalement d’après des archives familiales liées à l’époque de la colonisation française en Indochine et à son prolongement après la guerre d’indépendance antifrançaise, découvertes peu de temps avant, je me suis très vite aperçu que j’étais en train de mettre en image une réflexion qui existait déjà en moi depuis plusieurs années, suite à des séances d’hypnothérapie. Le fait que notre histoire personnelle, familiale soit en lien avec la grande histoire. Une recherche transgénérationnelle nous permet vite de faire apparaître ces liens, qui résonnent en nous, de façon consciente ou non. On appelle cela le passé vivant. Y prêter attention, rechercher dans le passé, peut nous permettre de mieux nous connaître, de tenter de déchiffrer des douleurs, des travers non nommés. À travers mes dessins, mes fresques, mes performances, mes photographies, je tente de panser le passé, de me libérer du schéma répétitif inconscient et d’essayer d’envisager le présent et le futur autrement.
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De ce socle historique, localisé ici par un territoire et un temps donné, j’ouvre mon travail vers le monde, au-delà des frontières, des époques… car l’histoire ne s’arrête jamais là où elle semble cesser. Une continuité, un écho, une (des) conséquence(s) a (ont) toujours lieu, et in fine, je parle de moi, du monde et de l’époque dans lesquels je vis. À travers mes œuvres, mon intention n’est pas forcément de transmettre un message. J’invoque et propose, je l’espère, plus de poésie. Une poésie oscillant entre ombre et lumière.
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Dans ce corpus d’œuvres, je mets en images et en lumière des sujets qui sont au cœur de mes préoccupations quotidiennes, qui concernent autant le passé que le présent, l’humain, des notions qui touchent aux valeurs culturelles et matérielles. Celles-ci mêmes qui interrogent la part d’insatiabilité propre à l’homme, liée à ses désirs, à sa recherche de richesses dites artificielles, à un état diffus et général du bonheur, qui sans cesse nous entraîne au-delà de nous-mêmes. Je crée des images sur l’état du monde, de notre façon de le consommer, de nous consommer.
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La lumière dorée, très présente dans mon travail, est, en partie, ma façon d’apporter une part d’espoir, de respect et de bienveillance dans ce monde contemporain dans lequel nous vivons. En fait, peut-être qu’une part de mon travail a à voir avec une certaine forme de militantisme modeste, poétique, artistique, qui tente — avec utopie — non pas de transmettre un message en tant que tel, mais de susciter le dialogue, de donner à voir, en mettant en lumière l’essentiel, la préciosité de la vie et du monde.
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Ta dernière exposition “L’Or des Fous” m’a profondément émue. Le symbole du charbon et le fil philosophique invisible qui t’a conduit à l’histoire de ta vie personnelle, à tes racines, m’ont semblé absolument fascinants. Peux-tu en dire plus sur l’endroit où le développement de ce projet t’a mené ?
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Aujourd’hui, je m’aperçois que ce projet m’a ouvert au monde. Anciennement, je développais un travail plastique plus conceptuel, contraint par un choix restreint d’objets, de matières, de protocoles limités qui faisaient écho à l’époque à mon intérieur, à ma vie du quotidien. Tout en retrouvant de forts liens dans mon travail actuel, j’ai le sentiment, presque physique, d’avoir effectué un changement de direction à 180°. D’un regard orienté dans cet espace de vie, clos, une rotation a eu lieu afin d’ouvrir mon regard vers le monde. Ce qui est très intéressant, c’est que ce nouveau regard décloisonné me permet d’aller plus loin, autant dans les géographies, les territoires que dans les temps du présent et du passé. Il me permet également d’aller plus loin dans l’intégrité de mon travail, de faire totalement corps avec. Depuis 2020-21, il m’est arrivé à plusieurs reprises que l’on me questionne sur la part psychologique, thérapeutique d’un tel travail. Mon intention a toujours été de créer des images, qu’elles soient visuelles, émotionnelles. Dorénavant, l’histoire de ma vie personnelle, familiale est au cœur de mon projet. C’est un socle qui nécessite de nouvelles images. Des images qui, par l’histoire, en appellent au collectif, et donc me permettent d’invoquer le monde, puisque c’est cela in fine qui m’intéresse. Par exemple, ma dernière exposition L’or des fous à la galerie Marguerite Milin a été pour moi l’occasion, de façon tout à fait inédite, de sortir des toutes frontières et époques, tout en faisant écho à mon histoire personnelle. Elle appelait autant le passé que le présent, l’espace, de multiples géographies pour mettre en lumière, tout en gardant espoir, ce monde actuel, occidental, libéral dans lequel nous vivons, qui titube. Je m’aperçois que mon projet m’a mené au plus proche de moi-même, de mes espoirs, de mes peurs, et convictions.
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Quelles sont les principales influences ou inspirations qui nourrissent ton travail artistique ? Y a-t-il des artistes, des mouvements ou des expériences personnelles qui t’ont particulièrement marqué ?
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Il fut un temps où je m’appuyais sur des influences artistiques précises. Aujourd’hui, je m’en suis libéré. Depuis que ce nouveau cycle de création a commencé, je ressens une grande autonomie dans mes choix, un affranchissement. Mes inspirations sont multiples et mouvantes. Il y a bien sûr les archives familiales, très présentes : photographies, documents, lettres, couvrant une période allant de la fin du XIXe siècle à 1947. Mais loin de moi de m’enfermer dans ce passé, bien au contraire, je me nourris aussi de l’actualité, de la littérature, du cinéma — documentaire ou fiction. J’aime plus que tout l’inattendu, cette rencontre fortuite avec un mot, une date, une matière, un récit, une image qui ouvre un nouvel espace de réflexion ou d’émotion.
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Je fonctionne beaucoup à l’intuition. Mon travail se tisse comme une pensée-rhizome, avec des liens invisibles qui connectent les œuvres entre elles — par un titre, une matière, une résonance. Cela fait écho à une expérience forte vécue en hypnothérapie, où j’ai appris à relier les images, les mots, les émotions pour aller à la source, à l’origine de soi. Ce processus continue aujourd’hui dans ma pratique artistique.
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2021 / A valeur variable / Crédit: Sophie Mabille
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Comment perçois-tu l’évolution de ton travail au fil des ans ? Y a-t-il des thématiques ou des techniques que tu souhaites explorer davantage à l’avenir ?
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Je distingue aujourd’hui clairement deux grandes périodes dans mon parcours : de la fin des années 90 à 2015, puis de 2020-21 à aujourd’hui, avec entre les deux un espace intermédiaire que j’appelle mon temps de “demi-sommeil”. Les premières années ont été une phase d’apprentissage, d’expérimentation intense : exploration des médiums, mise en place de protocoles, appropriation de thématiques diverses. Puis, il y a eu ce temps de “demi-sommeil” volontaire, durant lequel j’ai pris un peu de distances avec le monde de l’art contemporain, ai arrêté de produire des œuvres commercialisables, en m’autorisant uniquement des formes éphémères et performatives. Ce fut une période nourrie de découvertes humaines, de traumas aussi, d’épiphanies techniques comme la rencontre avec l’or, et de mes premières actions dans l’espace urbain.
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En 2020, l’ouverture de placards d’un lieu chargé de presque cinquante ans d’histoire familiale a tout réactivé. J’ai compris que toutes les étapes passées formaient un socle unique, structurant, prêt à s’ouvrir. Depuis, mon travail s’étoffe, se densifie. Il s’ouvre au monde.
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Quant à l’avenir, je ne sais pas encore précisément où tout cela me mènera — et c’est très bien ainsi. J’ai envie d’explorer davantage la vidéo, l’impression 3D, et des formes d’art à dimension sociale. De nouveaux thèmes apparaîtront sans doute. Je ne les choisis pas en amont. Ce sont les œuvres elles-mêmes qui les font émerger. Ma série actuelle À la lumière de tes yeux traite, par exemple, de l’énergie, de l’extraction des forces du vivant, du travail et de la géopolitique. Mais mes axes de fond — mémoire, histoire, inconscient, valeurs matérielles et culturelles, précarité et préciosité de la vie — resteront toujours présents. Ils évolueront, se transformeront, comme le monde autour de moi. Peut-être que la folie et le bonheur, très vivants dans mon passé et de façon latente dans mes questionnements actuels, viendront un jour prendre place de façon plus évidente dans ce grand chantier.
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Quelle importance accordes-tu à l’interaction avec le public dans ton travail ? Comment souhaites-tu que les spectateurs perçoivent et interprètent tes œuvres ?
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L’interaction avec le public est essentielle dans mon travail. Celui-ci repose sur des thématiques profondément ancrées dans mon histoire familiale en Indochine, liée à la colonisation française et à ses prolongements après la guerre d’indépendance antifrançaise. Ces sujets, comme l’ensemble que ceux je peux aborder, qui interrogent à la fois le passé et le présent, les territoires, l’histoire, nous concernent tous. Ils dépassent le cadre individuel pour toucher à l’universel et au collectif. Mes interventions dans l’espace urbain découlent de cette volonté de rester connecté au réel. Elles génèrent une forte interaction avec le public, créant des échanges riches, parfois déroutants, souvent poétiques. Être dans la rue me permet de rencontrer des individus de tous âges, de tous horizons, y compris ceux que l’on qualifie d’invisibles. C’est une façon d’aller vers un public que l’on croise rarement dans les galeries et de tisser, à travers l’art, des liens authentiques et inattendus.
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Concernant l’interprétation de mon travail, je laisse le public y projeter sa propre histoire, ses références personnelles, ses fantasmes, sa sensibilité, sa mémoire, qu’elle soit consciente ou non. Si je privilégie la couleur dorée, c’est en partie pour attirer la lumière et attirer l’attention sur ces images chargées d’humanité, de vie, de précarité, de douleur et d’espoir. Les performances que je réalise dans l’espace urbain s’inscrivent dans ce même désir de mettre en lumière ces instants.
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Ce que je souhaite avant tout, c’est que ces moments de lumière, ces images, participent à une forme de reconstruction du monde. J’espère qu’elles auront un effet salvateur, magique, capable de provoquer un éveil ou une prise de conscience, aussi bien au niveau individuel que collectif, physique ou spirituel. Même l’impact le plus intime peut, à sa manière, contribuer à apaiser le feu et à panser ce monde dans lequel nous vivons.
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Merci.
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MacVal / le soir du vernissage de l’exposition « Le genre idéal » / 2025
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En savoir plus sur l’artiste :
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instagram
www.regisseneque.com
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Représenté par la galerie Marguerite Milin